Lors des préparatifs de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) que la Côte d’Ivoire devait accueillir, un match amical face au Mali avait été programmé le 12 septembre 2023. La rencontre se déroulait normalement avant d’être interrompue en fin de seconde période par l’arbitre, en raison d’une pluie diluvienne ayant rendu la pelouse totalement impraticable. Cet incident relança alors le débat sur la qualité du système de drainage des infrastructures sportives.
Interpellé sur la question, Danho Paulin, alors ministre des Sports, tenta de se justifier en avançant des coûts de travaux jugés élevés, une sortie qui ne fit qu’amplifier la polémique. Dans la foulée, des rumeurs commencèrent à circuler sur un possible remaniement gouvernemental, évoquant notamment les départs de Patrick Achi et de Danho Paulin.
Ces spéculations se confirmèrent par la suite. Patrick Achi fut relevé de ses fonctions de Premier ministre après deux années passées à la tête du gouvernement. Il fut remplacé par Robert Beugré Mambé. Comme plusieurs anciens hauts responsables sous la présidence d’Alassane Ouattara, il connut une période d’éloignement relatif avant de rebondir rapidement : en février 2024, il est invité à Harvard en tant qu’enseignant-chercheur associé au Centre de développement international (CID).
Le 1er juillet 2024, il est ensuite désigné conseiller externe auprès du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. De retour en Côte d’Ivoire quelques mois plus tard, il est nommé conseiller spécial à la présidence de la République le 7 janvier 2025. Enfin, le 17 janvier 2026, il est porté à la présidence de l’Assemblée nationale, en remplacement de Adama Bictogo.
Que retenir d’un tel parcours ?
Patrick Achi figure parmi les rares anciens cadres du régime de Laurent Gbagbo à avoir été pleinement reconvertis au sein de l’appareil politique dirigé par Alassane Ouattara. Aujourd’hui, il occupe la tête de la deuxième institution du pays sous la bannière du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP).
Cette ascension peut s’expliquer par plusieurs facteurs, notamment ses compétences techniques et administratives, son expérience politique acquise depuis le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), ainsi que son sens du pragmatisme et sa loyauté envers le président Alassane Ouattara. Loin d’une disparition politique, son retrait apparent aura finalement constitué une étape stratégique de repositionnement.
Comme l’a rappelé le Premier ministre Beugré Mambé, « si vous voulez monter, il faut descendre ». Patrick Achi semble avoir pleinement incarné cette dynamique, jusqu’à accéder à l’un des plus hauts sommets institutionnels du pays.
