Le scandale des stickers du lotissement Bessikoi (Djorogobite-2) met en lumière des irrégularités graves. Le ministère de la Construction doit s’expliquer, selon le récit d’Assalé Tiémoko Antoine.
Le scandale du lotissement Bessikoi (Djorogobite-2) prend une nouvelle tournure avec des révélations sur l’utilisation frauduleuse de stickers officiels. Les victimes de cette fraude foncière, armées de preuves solides, espèrent un rétablissement de leurs droits.
Cependant, une question cruciale demeure : comment ces stickers, censés sécuriser les titres fonciers, ont-ils été utilisés pour valider un guide parallèle ? L’enquête met en cause plusieurs acteurs du ministère de la Construction.
Manipulation des documents officiels
D’après les déclarations du directeur du domaine urbain sur NCI, des stickers spéciaux avaient été apposés sur les guides de Djorogobite-2 pour empêcher les doubles attributions. Or, nos investigations révèlent que ces mêmes stickers ont été exploités pour fabriquer un guide frauduleux.
Selon Me Traoré Amara, 123 pages, contenant les noms des acquéreurs, ont été retirées et remplacées par des pages vierges dans une imprimerie à Marcory. L’imprimeur, Adja Landry Aymar, affirme avoir agi sous ordre de Traoré Gnounvié. Ces nouvelles pages ont ensuite été ré-stickées au sein du ministère, confirmant ainsi une collusion interne.
Un système organisé et des questions sans réponse
Cette affaire soulève plusieurs interrogations majeures :
- Comment le ministère a-t-il pu se procurer de nouveaux stickers pour les 123 pages modifiées ?
- Comment a-t-il pu ne pas déceler le retrait de ces pages alors que les originaux étaient toujours en sa possession ?
- Comment de nouveaux stickers ont-ils pu être apposés alors que les précédents étaient encore en circulation ?
Interrogé, Yapi Roger, sous-directeur à la DDU, nie avoir participé à cette manipulation, mais admet que des stickers ont pu être dérobés dans son bureau. Pourtant, aucune alerte n’a été donnée aux autorités judiciaires. Diallo Abdoulaye, directeur du domaine urbain, était-il informé de cette situation ? Selon certaines sources, il aurait eu connaissance de la disparition des stickers.
D’après les informations du maire de Tiassalé, ces stickers ont permis à des individus, dont Komé Bakary, d’obtenir des compulsoires dans des conditions troubles. Ces documents, réalisés par Me Koffi Maurice dans les locaux de Traoré Gnounvié, leur ont ouvert l’accès à des Arrêtés de Concession Définitive (ACD).
Une enquête attendue pour faire la lumière
Interrogé par « L’Éléphant Déchaîné », Me Koffi Maurice affirme ne pas se souvenir du lieu où ces compulsoires ont été réalisés. Il a promis de fournir des documents justificatifs, mais trois semaines plus tard, aucun élément n’a été transmis.
Dans ce climat d’incertitude, seule l’enquête interne du ministère de la Construction pourra apporter des réponses. Les victimes, quant à elles, espèrent que justice leur sera rendue et que cette fraude foncière ne restera pas impunie.
Assalé Tiémoko Antoine